Une statue de Raoh offerte à l’Institut du Manga de Takamori
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Fiche technique
Nobuhiko Horie (堀江信彦), né le 17 août 1955 à Kumamoto, est un éditeur de manga et chef d’entreprise japonais. Éditeur de Hokuto no Ken et de City Hunter au Weekly Shōnen Jump, il en devient le cinquième rédacteur en chef en 1993, puis quitte Shueisha en 2000 pour fonder Coamix, dont il est le président. Il écrit également sous le nom de plume Seibō Kitahara (北原星望).[1]
Horie grandit à Kumamoto et passe par le lycée préfectoral de la ville. Il monte ensuite à Tokyo, sort diplômé de la faculté de droit de l’université Waseda, et entre chez Shueisha en 1979, où il est affecté à la rédaction du Weekly Shōnen Jump.[1][2]
Buronson, qui travaillera huit ans avec lui, apporte une précision sur son profil. Horie a sept ans de moins que lui, ne s’intéressait pas particulièrement au manga, et a été affecté au Jump comme Shigeo Nishimura avant lui. Buronson estime que c’est justement ce recul de premier lecteur qui lui permettait de juger.[3]
Horie ne prend pas les manuscrits tels qu’ils viennent. Il intervient sur la trame, sur les dialogues et sur le découpage, et certaines de ses idées passent directement dans les œuvres.[3]
Sur Hokuto no Ken, c’est lui qui apporte l’idée fondatrice, celle de frapper un point vital pour faire exploser le corps de l’adversaire. Elle lui vient d’un ouvrage de médecine orientale où un avertissement signalait qu’une pression trop forte sur un point bénéfique pouvait au contraire nuire au corps. Buronson précise que le but était d’alléger la charge de dessin de Tetsuo Hara.[3]
Il estimait par ailleurs que le deuxième chapitre d’une série était décisif. Sur Hokuto no Ken, il lit le scénario devant Buronson, en silence, ce qui annonce chez lui le refus, puis demande la réécriture. Le chapitre publié montre un vieil homme qui a mis six mois à rassembler des graines de riz, les rapporte au village et se fait massacrer. Quand Horie lit la réplique du vieil homme, il sourit. La série arrive deuxième au sondage des lecteurs dès ce chapitre, première au cinquième, et ne lâche plus la tête pendant deux ans et demi.[3]
Ses deux auteurs ne gardent pas le même souvenir de lui. Buronson décrit des réunions hebdomadaires où le silence annonce le refus, une exigence qui l’a mené à supplier en pleurant l’arrêt de la série au terme des trois ans convenus, et une réponse sans échappatoire, Horie n’ayant pas le droit de décider puisque Nishimura lui avait ordonné de ne jamais laisser la série se terminer.[3] Hara, interrogé bien plus tard aux côtés de Hirohiko Araki, le décrit au contraire comme quelqu’un de très doux et dit n’avoir rien subi de dur, sa seule frayeur étant de le voir arriver chez lui le soir, éméché, pour réclamer les planches.[4]
Avant Hokuto no Ken, c’est déjà lui qui suggère à Hara de mettre en scène sa passion du motocross pour sa première série, Tetsu no Donquijote, en 1982. La série est arrêtée au bout de dix parutions. Horie avouera plus tard à Buronson que l’arrêt avait été décidé dès le deuxième épisode.[3] Quand la rédaction cherche un scénariste pour accompagner Hara, c’est encore lui que Nishimura consulte, et il répond vouloir demander à Buronson.[3]
Au Jump, il suit également Hisashi Eguchi, Tsukasa Hōjō et Ryuji Tsugihara. Il conçoit avec Hōjō Cats’ Eye puis City Hunter, dont il était l’éditeur avant même ses débuts. L’héroïne de la seconde série, Kaori Makimura, porte le prénom de la fille de Horie, née à cette période.[2]
En 1993, Horie devient le cinquième rédacteur en chef du Weekly Shōnen Jump. Sous sa direction, le magazine atteint en 1995 son record historique de diffusion, 6,53 millions d’exemplaires, jamais égalé depuis et homologué par le Guinness.[1][2]
Il tenait ce record pour le fruit d’une conjonction passagère de séries populaires plutôt que pour une dynamique durable, et a lancé un tournoi de nouveaux auteurs afin de préparer la relève. La fin de Dragon Ball en 1995 ouvre pourtant un vide que rien ne comble, les ventes chutent, et il est démis de la rédaction en chef en 1996.[2]
Il est muté à Men’s Non-No, puis dirige le mensuel BART à partir de 1997. C’est dans ce dernier que Tetsuo Hara publie Kokenryoku Oryo Sosakan Nakabo Rintaro de 1998 à 2000, série qui s’achève avec l’arrêt du magazine. Horie quitte Shueisha en 2000, à l’annonce de cet arrêt.[2]
Horie quitte Shueisha en 2000 et fonde Coamix avec Tetsuo Hara, Tsukasa Hōjō et Ryuji Tsugihara. Il en devient le président. L'année suivante la société lance le Weekly Comic Bunch, magazine publié par Shinchosha, dont il est rédacteur en chef jusqu’en 2004.[1]
En juillet 2004, il crée North Stars Pictures, société chargée de la gestion des droits des dessinateurs et des scénaristes ainsi que de la production d’animation. Elle est absorbée par Coamix le 1er avril 2020, les deux structures ayant des métiers distincts, l’édition des œuvres pour l’une, la publication et la gestion des droits pour l’autre.[5]
Il ouvre en 2009 le Café Zenon à Kichijōji, rebaptisé Galerie Zenon en 2024, lance en 2010 le Monthly Comic Zenon, dont il est rédacteur en chef jusqu’en 2013, et fonde la société Jizoya en 2011.[1]
Horie engage Coamix dans un développement centré sur sa région d’origine. La société y établit un second siège, à Takamori, et ouvre en 2020 à Takamori un village d’artistes, l’Artist Village AsO, avec un bâtiment d’hébergement et un restaurant. Elle y accueille depuis 2022 des mangaka et des aspirants mangaka japonais et étrangers, une trentaine à ce jour, accompagnés sur place par un éditeur de la maison.[1]
En septembre 2021, un accord est signé entre la ville de Takamori, le conseil préfectoral de l’éducation de Kumamoto, le lycée Takamori et Coamix. Le département manga du lycée ouvre en avril suivant. C’est le premier créé dans un lycée public japonais. Horie insiste sur ce point, l’établissement étant public et non privé, tous les lycéens y ont accès à égalité. Coamix y envoie des enseignants, produit les manuels et encadre le club de manga en dehors des heures de cours.[1]
Il fonde en 2020 une troupe féminine de spectacle à Kumamoto, la 096k, dont le nom reprend l’indicatif téléphonique de la ville, et ouvre en 2024 un établissement réunissant le théâtre de la troupe et une galerie de planches originales. Il reçoit en 2025 le quatrième prix de la culture manga du Kumamoto Nichinichi Shimbun, puis en mars 2026 la médaille au ruban bleu foncé, distinction japonaise qui récompense les donateurs d’intérêt public.[1]
Horie écrit sous le nom de plume Seibō Kitahara. Buronson indique dans son essai que le scénario de Souten no Ken est signé de lui, alors que le colophon du premier tome ne crédite que Tetsuo Hara comme auteur et Buronson à la supervision.[3][6]
Il signe également le scénario d’Ikusa no Ko -Oda Saburo Nobunaga Den-, dessiné par Tetsuo Hara et publié dans le Monthly Comic Zenon de 2010 à 2022, ainsi que les récits de Mori no Senshi Bonolon, série de livres illustrés pour enfants distribuée gratuitement au Japon depuis 2005, conçue et produite par Hara.[7]
Hara raconte que le projet Bonolon est né d’une conversation avec lui. Il souhaitait s’adresser à des lecteurs plus jeunes que ceux du Weekly Shōnen Jump, en a parlé à Kitahara, et celui-ci lui a donné l’occasion de concrétiser.[7]
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