dimanche 31 mai 2026
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Buronson a 78 ans et il ne lâchera rien !

Il a écrit l’un des mangas les plus vendus de tous les temps, avec plus de 100 millions d’exemplaires écoulés dans le monde. Pourtant aujourd’hui, à 78 ans, Buronson, le scénariste de Hokuto no Ken, a du mal à trouver un éditeur pour ses nouveaux projets. Portrait d’un créateur qui refuse de s’arrêter et qui investit dans la prochaine génération de mangakas.

Un statut légendaire qui ne suffit plus

Yoshiyuki Okamura, connu sous le pseudonyme Buronson, est le scénariste derrière quatre titres devenus des références absolues du manga : Hokuto no Ken, Sanctuary, Crying Freeman et Heat. Quatre oeuvres qui ont chacune marqué leur époque et influencé des générations entières de créateurs. Et pourtant, malgré le retour en force de la licence Hokuto no Ken avec le nouvel anime 2026 sur Prime Video, la situation professionnelle de Buronson est profondément paradoxale.

Dans une interview accordée à Bunshun Online en décembre 2025, il a confié sans détour que les offres ne viennent plus. Il démarche lui-même les éditeurs avec ses manuscrits, et aucun ne les accepte pour l’instant. À 78 ans, l’un des scénaristes les plus importants de l’histoire du manga japonais se retrouve à frapper aux portes, comme un débutant.

Ce paradoxe dit quelque chose d’important sur l’industrie du manga contemporaine : la notoriété passée ne garantit plus rien. Les éditeurs cherchent avant tout des projets susceptibles de trouver leur public sur les plateformes numériques actuelles, avec des codes narratifs et graphiques qui correspondent aux attentes du lectorat d’aujourd’hui. Buronson, dont le style s’est forgé dans les années 1980, se heurte à cette réalité sans fard.

Un projet audacieux pour transmettre son savoir

Plutôt que de se résigner, Buronson a choisi d’agir. Il a investi de sa propre poche 400 millions de yens pour fonder la Saku Mangasha, une école privée de manga située à Nagano. Un geste rare dans une industrie où les grands noms gardent généralement jalousement leurs méthodes.

En 2025, l’école comptait 126 élèves inscrits, dont 30 avaient déjà effectué leurs premières expériences professionnelles dans le milieu. Des mangakas célèbres ont répondu à l’appel de Buronson pour y donner des cours, notamment Gosho Aoyama, le créateur de Détective Conan, et Mitsuru Adachi, auteur de Touch et d’autres classiques du manga sportif.

Buronson a même stipulé dans son testament que l’école devrait continuer à fonctionner aussi longtemps que ses fonds le lui permettront. Un engagement total, au-dela de sa propre vie, pour assurer la transmission de son art et de ses méthodes aux générations futures.

« Je ne suis pas encore prêt à perdre face aux jeunes »

C’est la phrase qui résume tout le personnage. Loin d’être abattu par les refus des éditeurs, Buronson affirme se sentir stimulé et plus vivant que jamais grâce au contact quotidien avec ses étudiants. Enseigner lui a redonné une énergie créative qu’il pensait peut-être avoir perdue.

A l’approche de ses 80 ans, il continue d’envoyer des manuscrits aux éditeurs, de chercher des collaborateurs et de refuser catégoriquement l’idée de raccrocher. Cette détermination rappelle celle de Kenshiro, le personnage qu’il a créé avec Tetsuo Hara : avancer coûte que coûte, sans jamais se laisser abattre.

Qui est Buronson ?

Yoshiyuki Okamura, né en 1947 à Kyoto, a débuté sa carrière de scénariste dans les années 1970. C’est en 1983, avec le lancement de Hokuto no Ken dans Weekly Shonen Jump en collaboration avec Tetsuo Hara, qu’il atteint la célébrité mondiale. Le manga, prépublié jusqu’en 1988, a été adapté en anime, en films et en nombreux jeux vidéo, et totalise aujourd’hui plus de 100 millions d’exemplaires vendus dans le monde.

Son oeuvre suivante, Sanctuary, publiée de 1990 à 1995 dans le magazine Big Comic Superior, est considérée comme l’un des meilleurs mangas politiques jamais écrits. Crying Freeman et Heat ont confirmé sa capacité à s’adapter à des registres très différents, du thriller à l’action pure. Son influence sur le manga d’action et le manga policier des années 1980 et 1990 est immense et souvent citée par les créateurs contemporains.

Un symbole pour l’industrie du manga

L’histoire de Buronson soulève des questions plus larges sur la place des créateurs vieillissants dans l’industrie du manga. Au Japon, où l’industrie est dominée par des magazines qui ciblent principalement les jeunes lecteurs, les scénaristes et dessinateurs d’une certaine génération ont souvent du mal à maintenir leur présence éditoriale, quels que soient leur talent et leur bilan. La création de la Saku Mangasha est une réponse personnelle et concrète a cette réalité : si les éditeurs ne veulent plus de lui comme auteur, Buronson choisit de devenir formateur et de s’assurer que son savoir ne disparaît pas avec lui.

Sources : Bunshun Online, Coamix (officiel)

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