Comme tous les vendredis, place aux figurines et objets dérivés de la franchise. Cette semaine, direction le Japon avec un fabricant vétéran qui a fait du trait de Tetsuo Hara sa matière première.
CCP (Character Contents Production) est l’un des grands noms japonais de la figurine en vinyle souple, le sofvi. Depuis plusieurs années, la marque consacre à Hokuto no Ken une série nommée : « Hokuto Kyūkyoku Zōkei » (北斗究極造形, littéralement « la Sculpture Ultime du Hokuto »). Son ambition est simple, reproduire en trois dimensions non pas seulement les personnages, mais le dessin même de Tetsuo Hara, ses contours épais, sa tension, jusqu’à la poussière et au sang. Tour d’horizon complet d’un catalogue devenu imposant au fil des années.
CCP, gardien de la pop culture japonaise
Fondée au Japon, CCP s’est imposée sur deux licences phares : Ultraman, qu’elle décline depuis une vingtaine d’années, et Kinnikuman, dont elle a produit environ 150 références au sein de sa ligne CMC (CCP Muscular Collection), devenue sa marque de fabrique pour les corps musculeux du manga. Godzilla, Evangelion ou Saint Seiya complètent un catalogue tourné vers les licences patrimoniales japonaises.
La philosophie revendiquée par l’entreprise transparait dans toute sa production, faire évoluer la figurine « du jouet vers l’œuvre, et de l’œuvre vers l’artisanat traditionnel », afin de transmettre les techniques du sofvi japonais aux générations futures. C’est dans cet esprit que la série Hokuto Kyūkyoku Zōkei, rattachée à la ligne CMC, a vu le jour.
Reproduire le trait de Hara en trois dimensions
Le texte de présentation officiel de la série pose une question de sculpteur, comment restituer « les lignes de contour caractéristiques de Tetsuo Hara, la force du trait qui transmet la présence des personnages, la tension, l’atmosphère des cases » ? La réponse de CCP passe autant par la sculpture que par la peinture, avec un thème assumé : « représenter par le modelage et la couleur la fin de siècle dominée par la violence ». Concrètement, cela se traduit par la poussière des terres arides, les taches d’huile des machines et des motos, les vêtements sales, et les traces de sang des combats.
Trois finitions, trois niveaux d’immersion
Toute la série repose sur un système de déclinaison en trois finitions, vendues à des prix croissants :
- Design initial (初期設定版, shoki settei ban) : les couleurs de référence du personnage, avec une peinture simple. La porte d’entrée de la gamme.
- Version manga (劇中版, gekichū ban) : la poussière, les taches d’huile et les salissures des vêtements font leur apparition, et la peinture reproduit jusqu’aux contours épais et au coup de pinceau du gekiga.
- Version combat (激闘版, gekitō ban) : au sommet de la gamme, les traces de sang, anciennes ou projetées, sont appliquées à la main. CCP précise qu’aucune pièce n’est identique : chaque exemplaire est unique au monde.
Première vague : Raoh contre Fudō
Lancée en 2020, la première vague s’attaque à l’une des scènes les plus intenses du manga, avec l’affrontement entre Raoh et Fudō de la Montagne. Raoh trace une ligne derrière lui et ordonne à ses hommes de le transpercer de flèches s’il recule d’un seul pas. CCP décline les deux combattants séparément, Raoh en version sans casque ou avec son casque de Ken-Oh (environ 22,5 cm), Fudō dans des proportions de géant (environ 26,5 cm), le tout en vinyle souple.
Raoh sans casque
Raoh, casque de Ken-Oh
Fudō de la Montagne
La série EX, les variantes spéciales
En marge des vagues numérotées, CCP décline une série EX de variantes en couleurs spéciales ou en couleurs du manga. La plus marquante est sans conteste Fudō « Shitō ver. » (死闘, combat à mort), qui représente les derniers instants du géant transpercé par les flèches de l’armée de Ken-Oh, avec des coulées de sang appliquées à la main, uniques sur chaque exemplaire.
Deuxième vague : Jagi et sa moto
La deuxième vague s’offre le troisième des quatre frères du Hokuto dans sa pose la plus célèbre, celle du « Omae no na wo itte miro!! » (« Dis mon nom !! »). Jagi y est proposé seul (environ 18 cm) ou accompagné de sa moto (environ 28 cm de long), l’occasion pour CCP de déployer ses fameuses taches d’huile sur la mécanique. Les sets avec moto, vendus de 60 000 à 66 000 ¥ selon la finition, comptent parmi les pièces les plus imposantes de la série.
Jagi (vinyle souple)
Jagi sur sa moto (vinyle souple)
Les versions Takumi en résine
Troisième vague : Toki et le duel sous l’Étoile de la Mort
Sortie à l’été 2022 pour ses versions en vinyle souple, la troisième vague consacre Toki dans le moment que CCP résume d’une formule définitive : « Pour parler de Toki, il n’y a que cette scène. » Le duel final contre Raoh, quand l’Étoile de la Mort brille au-dessus des deux frères et que Toki abandonne son poing de la souplesse pour le Gō no Ken, le poing de la force, afin de rendre ses larmes à son frère.
La pièce existe en deux tenues : la version habillée fidèle à l’illustration de référence, et la version « Gō no Ken » au torse nu, vêtements déchirés par l’affrontement (environ 22,5 cm).
Toki habillé (vinyle souple)
Toki Gō no Ken (vinyle souple)
Les versions Takumi en résine
La gamme Takumi, quand CCP passe à la résine d’art
Au-dessus du vinyle souple, CCP propose pour ses versions combat une déclinaison « Takumi » (匠仕様, « spécification de maître-artisan ») fabriquée en résine, un mélange de polyuréthane et de polystone que la marque décrit comme « la réplique la plus proche du prototype original, des matériaux généralement réservés aux répliques d’œuvres d’art ». Les prix doublent par rapport au sofvi, et la patience est de mise : d’après les retours de collectionneurs japonais, les délais entre précommande et livraison peuvent s’étirer jusqu’à trois ans, chaque pièce étant produite et peinte à la demande.
Avec son Jagi et moto Takumi à 83 800 ¥ (environ 500 €), CCP signe la pièce reine de son catalogue Hokuto no Ken, à mi-chemin entre la figurine de collection et la sculpture d’atelier.
Hokuto no Ken Japan Sofuvi Series
Le catalogue CCP conserve enfin trois références d’une série plus simple visuellement, sobrement intitulé « Hokuto no Ken Japan Sofuvi Series », en vinyle souple aux couleurs du manga, avec Raoh et Rei en deux déclinaisons, dont une version aux cheveux blancs.
Une série à suivre
Avec trois vagues, une série EX qui continue de produire des variantes et une gamme de résines qui monte en puissance, Hokuto Kyūkyoku Zōkei s’est imposé en quelques années comme l’une des gammes les plus intéressantes de l’univers de Hokuto no Ken. CCP propose une interprétation fidèle, nourrie par des décennies de savoir-faire. Reste à savoir quel personnage aura les honneurs d’une éventuelle quatrième vague.
Les pièces sont disponibles sur la boutique officielle CCP (paiement par virement anticipé ou à la livraison, ce dernier majoré d’environ 1 100 ¥), ainsi que chez les revendeurs japonais habituels comme AmiAmi ou HobbyLink Japan pour certaines références.
Source : SHOP.CCP.JP — Catalogue officiel Hokuto no Ken. © 武論尊・原哲夫/コアミックス 1983.