samedi 05 septembre 2026
Hokuto no Ken (pilote)

Fiche technique

Titre
Hokuto no Ken (北斗の拳)
Type
Pilote
Auteur(s)
Tetsuo Hara (scénario et dessin)
Éditeur
Shueisha
Date de début
Avril 1983

Hokuto no Ken (pilote)

Hokuto no Ken (北斗の拳) est un one-shot de Tetsuo Hara, publié dans le numéro d'avril 1983 du Fresh Jump de la Shueisha. Premier des deux récits courts antérieurs à la sérialisation, il pose dans un Japon contemporain les fondations de ce qui deviendra, quelques mois plus tard, la série Hokuto no Ken. Son héros, Kasumi Kenshiro, y venge la femme qu'il aime en affrontant une organisation criminelle avec l'art assassin de sa famille, le Hokuto Shinken. Publié en fin de magazine, le récit prend la première place du sondage des lecteurs et déclenche la commande d'un second volet, puis la sérialisation dans le Weekly Shonen Jump.

Synopsis

Kenshiro mène une vie ordinaire entre l'entraînement au dojo familial et sa fiancée Yuki, jusqu'au soir où celle-ci assiste au meurtre de son voisin de palier. Témoin gênant d'une machination politique, elle est éliminée à son tour, et c'est au téléphone que Kenshiro entend sa mort en direct. Pour la venger, il va devoir employer l'art d'assassinat que son père lui a transmis.

Hokuto no Ken sans le monde post-apocalyptique

Dans la cour d'un dojo cerné par les immeubles, Kenshiro terrasse un taureau de combat d'un seul coup sous les yeux de sa fiancée, Yuki. Son père lui a transmis le Hokuto Shinken, un art assassin qui détruit le corps de l'intérieur en frappant les méridiens secrets, mais le jeune homme doute encore qu'une telle discipline ait sa place dans un monde en paix. La réponse ne tarde pas. Témoin du meurtre de son voisin, un homme politique intègre assassiné sur commande, Yuki est à son tour réduite au silence. Kenshiro assiste impuissant à sa mort au téléphone, jusqu'au bruit de mastication qui lui révèle l'identité du tueur, le colosse Gōda, qu'il avait croisé le jour du meurtre du politicien. Lorsqu'il rentre chez lui, l'organisation l'attend déjà. Son père est blessé par balle en le protégeant, tandis qu'une police acquise aux criminels arrête les deux hommes pour un meurtre qu'ils n'ont pas commis. Depuis leur cellule, son père identifie à la nature des blessures l'école responsable de ce meurtre : le Taizanji Kenpō, art martial venu du mont Tai et unique rival mortel du Hokuto Shinken, désormais passé au service des puissants.

Humilié au parloir par Gōda et Yazaki, l'émissaire du Taizanji infiltré auprès du chef de la police, Kenshiro finit par tordre les barreaux de sa cellule pour s'échapper. Son père le laisse partir, convaincu que le Hokuto Shinken a été créé pour des situations comme celle-ci. Dans le bureau où les conspirateurs célèbrent leur victoire, Yazaki est neutralisé d'un coup porté sur un méridien secret avant d'être pulvérisé sous une pluie de coups. Face à Gōda, Kenshiro explose la main du colosse d'une simple pichenette, concentre son énergie au point de faire éclater son blouson, puis libère les soixante-dix pour cent de puissance que le corps humain n'utilise jamais. Gōda croit l'avoir vaincu, mais succombe finalement aux effets différés du Hokuto Sōryūha. Reste le chef de la police. Kenshiro lui dit qu'il va quitter la pièce sans se retourner, à condition qu'il renonce à tirer, avant de poser son index sur son front. L'homme trahit aussitôt sa promesse et le met en joue. Sans même se retourner, Kenshiro lui révèle alors que la technique avait déjà été portée : il est déjà mort. Le récit s'achève sur Kenshiro repartant aux côtés de son père, désormais convaincu que ce monde compte encore trop de criminels pour que le Hokuto Shinken disparaisse avec lui.

Du coup d'essai à la sérialisation

Après l'arrêt de Tetsu no Donquijote, Tetsuo Hara et son éditeur Nobuhiko Horie repartent sur un projet d'arts martiaux. Selon les sources, l'idée vient soit de Hara, qui voulait dessiner du kenpō chinois, soit de Horie, qui cherchait un sujet adapté au dessin de son auteur. Le récit paraît en fin de magazine dans le Fresh Jump d'avril 1983 et prend la première place du sondage des lecteurs, un résultat rare pour un récit publié en fin de magazine, qui vaut aussitôt la commande d'un second volet, publié dans le numéro de juin. Devant ce double succès, le rédacteur en chef du Weekly Shonen Jump, Shigeo Nishimura, approuve la sérialisation dans le magazine principal. Elle débute dans le numéro 41 de 1983, avec Buronson au scénario, le rythme hebdomadaire étant jugé intenable pour Hara seul.

La lecture du one-shot réserve une surprise. En effet, l'essentiel de la panoplie conceptuelle de la série est déjà en place. Les méridiens secrets du corps, la doctrine du corps humain qui n'exploite que 30 % de sa puissance, la mort à retardement, le long cri de guerre de Kenshiro, le blouson qui se déchire sous la concentration, tout y figure, jusqu'à la forme prototype de la réplique la plus célèbre de la série, placée en chute du récit. Les différences n'en sont que plus nettes : cadre contemporain, transmission de père à fils au sein d'une même famille, et une école rivale qui n'est pas le Nanto mais le Taizanji Kenpō, confrérie d'assassins venue du mont Tai. La page d'ouverture, enfin, fait remonter le Hokuto Shinken à la Chine des Trois Royaumes, il y a 1 800 ans. Hara reprendra cette ouverture presque à l'identique dans Souten no Ken, près de vingt ans plus tard, et son héros portera lui aussi le nom de famille Kasumi.

Éditions

Le récit a été publié dans le numéro d'avril 1983 du Fresh Jump, magazine de la Shueisha. Il est recueilli à la fin du premier tome de Tetsu no Donquijote, publié en 1983 dans la collection Jump Super Comics, qu'il partage avec le one-shot Mad Fighter. La réédition Jump Super Ace de 1996, dotée de couvertures inédites dessinées par Tetsuo Hara, le reprend à son tour, accompagné d'une postface de l'auteur. Aucune édition française n'a vu le jour.

Fresh Jump (avril 1983)
Fresh Jump (avril 1983)
Tetsu no Donquijote tome 1
Tetsu no Donquijote tome 1