Fiche technique
- Titre
- Tetsu no Donquijote (鉄のドンキホーテ)
- Type
- Manga
- Auteur(s)
- Tetsuo Hara (dessin), Tetsuyuki Akusawa (concept)
- Éditeur
- Shueisha, Coamix
- Tomes
- 2 tomes
- Date de début
- 29 octobre 1982
- Date de fin
- 8 janvier 1983
Visuels
4Voir tous les visuelsTetsu no Donquijote
Tetsu no Donquijote (鉄のドンキホーテ) est le premier manga sérialisé de Tetsuo Hara, prépublié dans le Weekly Shonen Jump de la Shueisha entre fin 1982 et début 1983. Centré sur le motocross, ce récit en six chapitres compilé en deux tomes, dessiné par Hara sur un concept de Tetsuyuki Akusawa, constitue les véritables débuts du futur auteur de Hokuto no Ken, à une époque où il sortait tout juste de son statut d'assistant. Son style graphique et sa narration, encore en formation, en font un objet de curiosité précieux pour qui veut comprendre d'où vient le maître.
Synopsis
Le motocross est un sport impitoyable où les pilotes s'affrontent sur des terrains accidentés, à des vitesses folles. Dans le championnat japonais, quatre grandes écuries dominent la discipline, identifiées par leurs couleurs. La plus puissante d'entre elles est la Red Army, l'armée rouge, invaincue avec cent cinquante victoires annuelles. Un guerrier solitaire, Kurosu Gen, surnommé avec mépris « l'idiot de Don Quichotte » pour son acharnement jugé vain, se dresse face à ce colosse et lui lance un défi frontal.
Les débuts de Tetsuo Hara
Tetsu no Donquijote occupe une place particulière dans la bibliographie de Tetsuo Hara. C'est son premier travail en série, obtenu sur la recommandation de son éditeur Nobuhiko Horie après une victoire en 1982 au prix Fresh Jump, la récompense que le Weekly Shonen Jump destinait alors aux nouveaux auteurs, avec le one-shot Super Challenger. Hara, qui sortait alors de l'atelier de Yoshihiro Takahashi où il officiait comme assistant, choisit le motocross comme sujet, un thème inhabituel pour un shonen. Le concept revient à Tetsuyuki Akusawa, déjà crédité sur Crash Hero, dont la série reprend le héros et l'écurie antagoniste, mais Hara déclarait en 1986 avoir assuré lui-même l'essentiel du récit.
L'accueil du public reste tiède. Le sujet, jugé difficile d'accès, ne permet pas au manga de s'installer durablement. La série est arrêtée au bout de six chapitres, faute de popularité suffisante, et parce que Horie estime que Hara est capable de raconter des histoires de bien plus grande ampleur et préfère repartir sur de nouvelles bases. Ce choix éditorial, loin d'être un échec, ouvre directement la voie au projet suivant qui deviendra le succès phénoménal que l'on connaît : Hokuto no Ken. On décèle déjà dans Tetsu no Donquijote certaines signatures du Hara à venir, notamment des éléments visuels.
Un style en pleine formation
L'intérêt majeur de Tetsu no Donquijote n'est pas tant son scénario, honnête sans être mémorable, que sa valeur documentaire. Le trait de Hara y est encore très éloigné de la maîtrise qu'on lui connaîtra sur Hokuto no Ken ou Souten no Ken. La narration est expérimentale, le découpage cherche encore ses marques. Pour les amateurs de l'auteur, passer de cette œuvre de jeunesse à ses productions matures provoque presque un choc tant l'écart est saisissant. C'est précisément ce qui rend la lecture passionnante, car elle permet de mesurer le chemin parcouru et de faire connaissance avec un Hara en devenir.
Les souvenirs de Tetsuo Hara dans les postfaces de 1996
Pour la réédition Jump Super Ace de 1996, Tetsuo Hara accompagne chaque tome d’une postface dans laquelle il revient sur cette première sérialisation, treize ans après. Il y raconte qu’il venait d’avoir 21 ans et qu’il employait pour la première fois deux assistants, un an à peine après avoir été assistant lui-même. Le changement de statut l’a laissé désemparé, tout comme le rythme hebdomadaire, qui le faisait paniquer à mesure que la fin de chaque semaine approchait. Il rapporte aussi une anecdote liée au sujet du manga, son éditeur lui ayant proposé une sortie à moto au bord d’une rivière, Hara a loué une petite 80 cc, mis les gaz à fond, levé la roue avant et fini par chuter.
La postface du second tome apporte un éclairage inattendu sur la fin de la série. Averti en cours de route de l’annulation, Hara raconte qu’il s’est mis à chercher sérieusement ce qui divertirait les lecteurs et à mettre tout son cœur dans ses planches, avec un effet mesurable, la popularité du titre remontant graduellement à chaque effort. Le dernier chapitre a même dépassé au classement des lecteurs Dr. Slump, le succès d’Akira Toriyama alors en pleine sérialisation. Hara date de ce moment sa prise de conscience du lectorat et le début d’un travail mené avec fierté.
Il évoque enfin l’arrêt de la série, décidé faute de popularité, et la modeste célébration de fin qui a suivi, un repas de yakiniku avec ses deux assistants et son éditeur. Sur le chemin du retour, dans les rues nocturnes de Kōenji, il a levé les bras vers le ciel étoilé en jurant de devenir un jour une étoile brillante du monde du manga, devant ses assistants amusés. C’est dans la foulée, précise-t-il, qu’il a planifié avec son éditeur le projet suivant : le récit court de Hokuto no Ken recueilli en fin de volume, qui sera bien accueilli cette fois.
Éditions
Tetsu no Donquijote a été prépublié dans le Weekly Shonen Jump de la Shueisha, du numéro 45 de 1982 au numéro 3 de 1983, pour un total de six chapitres. La série a ensuite été compilée en deux tomes dans la collection Jump Super Comics en 1983. Cette première édition intègre en bonus, dans son premier tome, le one-shot Mad Fighter ainsi que le premier récit court de Hokuto no Ken.
Le manga a été réédité en 1996 dans la collection Jump Super Ace, avec des couvertures inédites dessinées par Tetsuo Hara. C’est cette édition qui reprend, en bonus de son second tome, le one-shot Super Challenger. L’œuvre est aujourd’hui disponible au format numérique, ses droits étant gérés par Coamix. Aucune édition française n’a vu le jour.


