Préquelle de Hokuto no Ken centrée sur Kasumi Kenshiro, le soixante-deuxième successeur du Hokuto Shinken, dans le Shanghai trouble des années 1930, Souten no Ken n’a jamais bénéficié du même traitement que Hokuto no Ken en matière de figurines. Là où Kenshiro, Raoh et les autres ont droit à des dizaines de pièces chaque année, l’univers de leur aïeul n’a inspiré qu’une poignée de statues et de figurines. Et le plus frappant, c’est que la majorité de ces projets ne sont jamais arrivés entre les mains des collectionneurs : annoncés, supervisés, parfois même présentés en prototype, ils ont disparu des radars sans commercialisation. Tour d’horizon de ce petit patrimoine de collection méconnu, fait de quelques trésors et de beaucoup de pièces fantômes.
Kaiyodo, la seule série réellement commercialisée
S’il ne fallait retenir qu’une seule véritable gamme de figurines Souten no Ken, ce serait celle de Kaiyodo. La Shanghai Buyuroku Figure Collection (上海武勇録), sortie au Japon en mars 2008, donne corps à deux personnages de la licence. Ces figurines en PVC de 10 cm comprennent Kasumi Kenshiro et Ye (葉).
La pièce la plus recherchée de cette série est une variante de Kasumi Kenshiro au coloris rouge, distribuée comme lot dans le magazine Comic Bunch et jamais vendue dans le commerce, ce qui en fait aujourd’hui un objet rare. Cette collection Kaiyodo reste, à ce jour, l’unique ligne de figurines Souten no Ken à avoir été commercialisée.
Jamil et Nodaya, les statues jamais sorties
C’est ici que commence la galerie des pièces fantômes. Deux fabricants japonais ont annoncé des statues de Kasumi Kenshiro à l’échelle 1/6, sans jamais les commercialiser.
La première est la statue de la Kiwami Series du fabricant Jamil. Annoncée pour l’hiver 2018 et, fait notable, réalisée sous la supervision de Tetsuo Hara, elle représente Kasumi Kenshiro portant sa longue tenue ornée de motifs de dragon. Le seul visuel jamais diffusé reste celui de son prototype gris, non peint. Aucune version peinte, aucun exemplaire commercialisé n’a jamais refait surface, et le fabricant n’a plus communiqué.
La seconde est la Nodaya Statue du fabricant Nodaya, une pièce de 1/6 (environ 30 cm) en cold cast, cette résine chargée de poudre minérale au rendu dense. Annoncée à 31 290 yens en quantité limitée, elle n’a, elle non plus, jamais fait l’objet d’une mise en vente clairement documentée. Comme la Jamil, elle rejoint la catégorie des projets annoncés mais non concrétisés.
GEKOKUJYOU, l’artisanat du Wonder Festival
Un autre pan de ce patrimoine relève non pas de l’industrie, mais de l’artisanat pur. Le modéliste GEKOKUJYOU a consacré deux garage kits à Souten no Ken, présentés au Wonder Festival, le grand salon japonais du modélisme organisé par Kaiyodo, sous le régime de la « licence du jour » qui autorise les créateurs à exposer des travaux dérivés le temps de l’événement.
La première pièce transpose Kasumi Kenshiro à l’échelle 1/6, d’après la couverture du chapitre 100 du manga. La seconde représente Liu Zongwu (劉宗武), successeur du Hokuto Ryukaken, une sculpture de 415 mm dotée de deux têtes interchangeables, l’une coiffée d’une casquette militaire, l’autre tête nue. Entièrement façonnées à la main (âme en bois, sculpture en pâte Sculpey, motifs en décalcomanies), ces pièces présentées aux éditions 2007 et 2008 du Wonder Festival n’ont jamais dépassé le stade de l’exposition, au grand regret des collectionneurs qui en ont salué le niveau de détail.
La zone grise des kits non officiels
Enfin, il existe une production parallèle qu’il convient de mentionner avec prudence : les garage kits non officiels. Sur le marché de l’occasion circulent des statues en résine de Kasumi Kenshiro, montées et peintes, d’une facture parfois si soignée qu’elle évoque les grands fabricants. Beaucoup ne sont pourtant pas des produits sous licence, mais des kits issus d’ateliers asiatiques, parfois des recasts (copies tirées d’un moule pris sur une pièce d’origine).
On les reconnaît à l’absence de marque ou de référence catalogue, à une origine vague, à une vente par lots à tarifs réduits et à une disponibilité fluctuante. Ces pièces se situent dans une zone grise au regard des droits des ayants droit et des sculpteurs dont le travail est parfois reproduit. Séduisantes visuellement, elles n’en demeurent pas moins d’origine et de statut indéterminés.
Un patrimoine rare, à défaut d’être abondant
Au bout du compte, Souten no Ken fait figure de parent pauvre du merchandising figurine. Une seule série réellement commercialisée (Kaiyodo), deux statues annoncées mais jamais commercialisées (Jamil, Nodaya), des garage kits d’exposition (GEKOKUJYOU) et une nébuleuse de kits non officiels, voilà à peu près tout ce que l’univers de Kasumi Kenshiro a inspiré en trois dimensions. C’est précisément cette rareté qui rend ces quelques pièces si précieuses aux yeux des amateurs. À l’heure où Hokuto no Ken connaît un regain d’intérêt avec sa nouvelle adaptation, on peut espérer que la préquelle finira, elle aussi, par avoir droit à des statues à la hauteur de son aura.