Comme tous les vendredis, place aux figurines et objets dérivés de la franchise. Cette semaine, retour à la fin des années 1990 au Japon, chez un fabricant vétéran qui a bâti sa légende sur le garage kit avant de devenir un empire du hobby, et qui a intégré les guerriers du Hokuto dans l’une des plus vastes collections de figurines jamais lancées.
Derrière le nom de Volks se cache l’un des piliers du modélisme japonais, un fabricant qui a fait du kit en résine à monter et à peindre un art à part entière. À la fin des années 1990, sa collection maison, l’Orient Hero Series, accueille Hokuto no Ken le temps de douze références en résine, sculptées par Koji Onishi. L’occasion de revenir sur ce fabricant hors norme, sur sa collection fleuve, et sur ces kits d’époque devenus rares.
Volks, du modélisme au garage kit
Fondée à Kyoto en 1972, Volks est d’abord une petite boutique de modélisme avant de devenir l’un des noms les plus respectés du hobby japonais. L’entreprise se fait connaître dans les années 1980 par ses garage kits, ces maquettes en résine à assembler et à peindre soi-même, un format alors en pleine explosion au Japon. Volks contribue à populariser le genre, au point de devenir une référence pour toute une génération de modélistes.
La maison ne s’arrêtera pas là. On lui doit à partir de 1998 les célèbres Dollfie et Super Dollfie, ces poupées articulées haut de gamme qui feront le tour du monde, ainsi qu’un réseau de boutiques et de showrooms au Japon, devenus des lieux de rendez-vous pour les passionnés. Mais c’est bien dans la tradition du garage kit résine, exigeant et artisanal, que s’inscrivent ses figurines Hokuto no Ken.
L’Orient Hero Series, une collection fleuve depuis 1985
Les kits Hokuto no Ken de Volks ne forment pas une gamme isolée. Ils s’inscrivent dans l’Orient Hero Series, une immense collection lancée dès 1985 sous la devise « We Seek Creativity ». Au fil des années, cette série a donné forme à des centaines de références puisées dans toute la pop culture japonaise, du cinéma de monstres géants aux séries à effets spéciaux en passant par l’animation.
Les guerriers de Hokuto no Ken ne sont donc qu’un chapitre de cette encyclopédie de résine. Une position qui en dit long sur le statut de la série au panthéon de la culture populaire japonaise, aux côtés des plus grandes licences.
Koji Onishi et l’atelier Heavy Gauge
Si Volks édite et commercialise la gamme, les pièces Hokuto no Ken portent une signature précise, celle de Koji Onishi, qui les sculpte au sein de son propre atelier, Heavy Gauge. Fondé à Osaka en 1989 avant de s’installer à Tokyo, ce studio indépendant s’est spécialisé dans les prototypes de garage kits, réalisés pour son compte comme pour d’autres marques. Un sculpteur dont le trait restitue la musculature démesurée et les postures théâtrales chères à l’univers de Tetsuo Hara.
Deux échelles, douze guerriers
La série se déploie sur deux échelles complémentaires. De petits kits au 1/10 servent de produits d’appel, autour de 1 500 à 1 800 yens, tandis que les grandes pièces de vitrine, au 1/8, montent jusqu’à 7 800 voire 8 500 yens. Le casting réunit une dizaine de personnages, certains déclinés en deux versions, pour un total de douze références. Kenshiro, Raoh et Rei existent chacun en deux modèles, aux côtés de Toki, Juza, Kaioh, Falco, Ein et Bat.
Des kits à peindre, pas des figurines finies
Attention toutefois, comme toujours chez Volks à cette époque, il ne s’agit pas de figurines finies mais de garage kits, livrés en résine brute, non montée et non peinte. Le collectionneur doit assembler les pièces et les mettre en couleur lui-même, un format exigeant réservé aux modélistes avertis. La couleur d’un personnage dépend donc entièrement de la main qui le peint, et non du kit lui-même.
Fidèle au circuit du garage kit d’époque, la vente se faisait par correspondance directe, sur commande téléphonique auprès du siège de Volks à Kyoto. Un mode de distribution artisanal, à l’image de ces kits confidentiels qui n’ont jamais connu la grande diffusion, et que l’on ne croise plus aujourd’hui que sur le marché secondaire japonais.
Retrouvez tous les détails de ces douze références dans notre fiche dédiée à la gamme Volks Orient Hero Series.
Sources : Volks, Orient Hero Series, Heavy Gauge. © 武論尊・原哲夫/コアミックス, 「北斗の拳」製作委員会.