Comme tous les vendredis, on revisite les figurines Hokuto no Ken. Cette semaine, seize ans de bustes chez Kaiyodo, du petit polystone à réunir sur un socle commun au Kenshiro grandeur nature qu’on pose dans son salon. Trois sculpteurs se passent le relais : Matsuura Ken, l’atelier Esora Keikaku et Masahiko Kagawa.
Les quatre frères, un socle à compléter
Tout commence en octobre 2004. Kaiyodo sort les bustes des quatre frères du Hokuto, Kenshiro, Raoh, Toki et Jagi, en polystone peint, à 3 800 yens pièce. Le nom de Matsuura Ken est imprimé sur la face de chaque boîte. Chaque buste arrive avec un fragment de socle, et seuls les quatre réunis forment le présentoir complet.
Fin juillet 2005, la série revient en 2nd Color Edition, même sculpture, même prix, mais une nouvelle mise en couleurs confiée à Yatake Yoshinori. Passé par une société de peinture et un atelier de moulage en FRP, il s’est fait un nom dans le garage kit comme finisseur professionnel, celui qui peint les masters servant de modèle aux figurines produites en série. L’été précédent, les échantillons qu’il avait peints pour un kit présenté au Wonder Festival l’avaient fait remarquer. À la même époque, il se met lui-même à sculpter sous le nom d’ACCEL, au point d’être retenu au Wonder Showcase, la vitrine des jeunes talents organisée par Kaiyodo.
Les quatre frères en miniature, offerts avec le café
Au printemps 2006, le film Raoh Den Jun’ai no Shō est à l’affiche, et les mêmes quatre frères se retrouvent dans les rayons des Seven-Eleven. Pour une canette de café Suntory Boss achetée, une figurine Kaiyodo offerte, en pied ou en buste sur piédestal. Toujours sculptés par Matsuura Ken, les bustes sortent en finition or ou argent, et les deux vagues inversent les finitions. Pour avoir chaque frère dans les deux couleurs, il fallait boire beaucoup de café…
Les six étoiles du Nanto
L’été suivant, Matsuura passe au Nanto. Les six maîtres du Nanto Rokuseiken sortent en deux vagues, Rei, Yuria et Yuda le 25 août 2006, puis Shin, Souther et Shû le 15 septembre, à 4 500 yens pièce. Chaque boîte présente son personnage par son école et par son étoile. L’idée du socle revient en plus grand. Réunis, les six fragments dessinent un demi-cercle où les cinq maîtres entourent Yuria.
En mai 2007, Yatake Yoshinori repeint à son tour la série, et Kaiyodo met cette fois son nom en avant, en présentant chaque buste comme la rencontre de deux métiers, le modelage et la peinture. La première édition suivait les couleurs de l’anime, la nouvelle cherche le réalisme.
Kenshiro et Raoh au 1/6, sous l’œil de Hara
Mi-décembre 2007, Matsuura signe ses plus grands bustes pour Kaiyodo, Kenshiro et Raoh au 1/6, environ 19 et 21 cm, chacun sur son socle. Le descriptif de l’époque raconte de nombreux échanges entre le sculpteur et Tetsuo Hara pour arriver au résultat. Trois ans après les quatre frères, le format de collection laisse place à la pièce d’exposition.
Grandeur nature, en bronze
En 2006, Kaiyodo avait aussi produit un Kenshiro de 185 cm pour le même film, vendu sur commande à 609 000 yens avec l’approbation de Hara. Dix ans plus tard, son haut du corps devient un buste. En décembre 2016, le Kenshiro de la gamme Mega Sofubi Advance mesure 70 cm, en vinyle souple. En juin 2017, Jagi le rejoint à la même échelle, retravaillé pour l’effet plutôt que copié du manga, le visage visible sous son casque.
Le modelage revient à Esora Keikaku, une petite société de Yamatokōriyama, près de Nara, dont le métier habituel tient davantage du décor que de la figurine. Statues et reliefs, structures pour les parcs et les musées, statues bouddhiques, patines vieillies, personnages géants en FRP… Associée à un studio 3D sous le nom d’Esora Rois, elle réalise aussi des figures humaines réalistes jusqu’à trois mètres. Pour Kaiyodo, elle sculpte toute la gamme Mega Sofubi Advance Hokuto no Ken, des figurines de 50 cm de 2016 jusqu’à leurs rééditions de 2024.
Le master de la peinture façon bronze, pensée pour un salon ou une entrée, est signé Shuichi Miyawaki. Fils du fondateur, il a grandi avec la boutique de maquettes ouverte par son père à Moriguchi, près d’Osaka, en 1964. Tout le milieu l’appelle « Senmu » depuis 1985, l’année où il devient 専務, administrateur de la société. Président de Kaiyodo à partir de 2005 et organisateur du Wonder Festival, il a accompagné la maison des garage kits jusqu’aux figurines des œufs en chocolat.
Retour au format de collection
En décembre 2020, Kenshiro et Raoh reviennent en buste, en résine cette fois, sous la main de Masahiko Kagawa. Sculpteur maison de Kaiyodo, il a eu droit dès 2004 au premier livre consacré à un sculpteur de la société, Kaiyodo Genkeishi Kagawa Masahiko no Sekai, chez Kōdansha, qui réunissait dix ans de travail. Il y était présenté comme celui qui tournait le dos aux figurines de jolies filles faites pour séduire, au profit de sa propre idée de la poupée. On lui doit aussi les figurines en polystone de To-y, d’après le manga d’Atsushi Kamijō. Les deux pièces mesurent 14 et 16 cm et sont livrées chacune dans une boîte en métal illustrée. La production se partage entre Kaiyodo et Gomora Kick pour la conception, Model Master pour la fabrication et Platz pour la distribution.
Les mêmes visages, d’une époque à l’autre
Seize ans, trois sculpteurs, du buste offert avec un café au buste de 70 cm. Kaiyodo n’a jamais cessé de revenir à Kenshiro, Raoh et Jagi, en changeant de matière et d’échelle à chaque fois. On retrouve chaque gamme en détail dans sa fiche, avec toutes les références.


















































