
« Le deuxième chapitre, c’est la vie d’une série » : Nobuhiko Horie en 2006, du Jump au film Raoh Den (Data File Ōgi Hidensho)
Fiche technique
- Date
- 2006
- Type
- Livre / databook
- Intervieweur
- Rédaction de l'ouvrage, Shiranui Pro (non crédité)
- Protagonistes
- Nobuhiko Horie
- Traduction
- Hokuto Chronicles
En 2006, le Hokuto no Ken Data File Ōgi Hidensho, livre de données réalisé par Shiranui Pro pour Futabasha, referme son chapitre « Les hommes qui ont créé Hokuto » (北斗を創った男たち) sur son plus long entretien, avec Nobuhiko Horie, l’éditeur qui a suivi Hokuto no Ken au Weekly Shōnen Jump avant de fonder Coamix. Après Buronson et Tetsuo Hara, il raconte la naissance de la série du côté de la rédaction, détaille la genèse du Hokuto Shinken imaginée pour Souten no Ken, puis présente le film Raoh Den Junai no Shō, dont il signe le scénario et la production exécutive. Traduit par nos soins.
« C’est parce que le monde n’a plus ni loi ni ordre que l’histoire de Hokuto no Ken a pris vie »
Question. Racontez-nous ce qui a mené à la prépublication de Hokuto no Ken.
Horie. Avant Hokuto no Ken, Hara publiait Tetsu no Donquijote, qui n’a pas très bien marché et s’est arrêté au bout de dix semaines. En principe, au Jump, une série dont la popularité ne décolle pas en trois semaines environ s’arrête. Mais dans le cas de Hara, la situation était un peu différente.
Question. C’est-à-dire ?
Horie. C’est une fois l’arrêt décidé que la popularité est montée petit à petit, jusqu’à la dixième place environ du sondage des lecteurs. À la dixième place, on ne coupe pas une série. Alors Nishimura, le rédacteur en chef de l’époque, nous a dit qu’on pouvait clore une première partie, faire une pause, puis lancer une deuxième partie. Mais même avec une suite, la série aurait sans doute fini sur une popularité moyenne, alors on a finalement décidé d’arrêter Tetsu no Donquijote.
Question. Quel contenu envisagiez-vous pour l’œuvre suivante ?
Horie. Quand il a dessiné le premier one-shot de Hokuto no Ken, je me suis dit que la force de Hara était dans les scènes où l’on cogne. Ça avait vraiment l’air de faire mal. Dans une histoire de motocross, il n’y a pas de scènes de coups, alors on s’est dit qu’une œuvre de combat conviendrait mieux.
Question. Pourquoi Hokuto no Ken est-il devenu un manga d’arts martiaux ?
Horie. Au début on parlait d’en faire un manga de catch, mais il y avait déjà pas mal de mangas de catch à l’époque, et ça paraissait un peu dépassé. Comme Hara aime Bruce Lee, on s’est dit qu’on ferait un manga d’arts martiaux. Je lui ai donc fait dessiner un one-shot pour un numéro spécial.
Question. Comment a-t-il été reçu ?
Horie. La moitié des gens disaient que ce n’était pas du manga, l’autre moitié trouvait ça intéressant. Après ce débat, on l’a publié dans le numéro spécial, et il est arrivé premier au sondage de ce numéro. Tout le monde a été stupéfait.
Question. Il a eu autant de succès que ça ?
Horie. À l’époque, Kinnikuman venait d’être adapté en série animée et était au sommet de sa popularité. Son dérivé, Tatakae!! Ramenman, paraissait en prépublication, et on l’a dépassé. Mais tout le monde disait que cette première place était un coup de chance. Alors on a refait un one-shot, une suite, et elle est de nouveau arrivée première.
Question. La prépublication s’est donc décidée sans difficulté ?
Horie. Deux premières places au sondage du numéro spécial, et on avait dépassé le Tatakae!! Ramenman de Yudetamago, alors je pensais que la série était acquise. Et pourtant, on ne nous la donnait toujours pas.
Question. Il y avait d’autres obstacles ?
Horie. L’histoire, je l’écrivais moi-même, en plus de mon travail d’éditeur. Autour de moi, on disait que ce serait trop dur de faire les deux. Je pensais moi aussi que je ne pouvais pas écrire l’histoire tout en étant éditeur, et confier le scénario à quelqu’un semblait le moyen le plus simple d’obtenir la série. Alors nous avons cherché un scénariste.
Question. C’est là qu’entre Buronson.
Horie. Hara voulait notamment un scénariste qui comprenne le naniwabushi, et le nom de Buronson est sorti.[1] Il venait de terminer Mad Dog, je suis donc allé lui demander d’écrire le scénario.
Question. A-t-il accepté volontiers ?
Horie. Hokuto no Ken existait déjà sous la forme de deux one-shots. Monter dans un train en marche, ce n’est sans doute pas très agréable pour un scénariste. Mais comme nous nous connaissions, il a été convenu qu’il réfléchirait au moins au premier chapitre. Il l’a écrit, c’était très réussi, et j’ai senti qu’avec la mise en scène de Hara en plus, on tiendrait une œuvre formidable. Je lui ai donc demandé de continuer, et c’est comme ça qu’a commencé le tandem formé par Tetsuo Hara et Buronson.
Question. Comment s’est décidé le cadre du siècle finissant ?
Horie. C’est que dans Hokuto no Ken, il faut forcément que des gens meurent et se battent. Dans un État de droit, c’est impossible. Il fallait donc un décor hors la loi. Je me suis demandé si un tel monde pouvait exister, et à l’époque, avec la prophétie de Nostradamus, on pensait qu’il se passerait quelque chose au siècle finissant. J’ai alors eu l’idée que Hokuto no Ken prendrait vie dans les terres désolées d’après une guerre mondiale, un monde sans loi ni ordre. Dans un monde pareil, l’univers de Hokuto no Ken peut s’exprimer sans retenue.
Question. Visuellement, on pense à Mad Max.
Horie. Exactement. Ça m’a même valu une dispute avec le rédacteur en chef adjoint de l’époque. Il disait qu’un monde avec cette ambiance, ça n’existait pas, et je répondais que si. Je soutenais que les lecteurs accepteraient sans problème un univers à la Mad Max. Il m’a répondu que Mad Max n’avait pas eu de succès, j’ai répondu que si, et on s’est disputés (rires).
Question. Pourquoi avoir nommé Hokuto Shinken l’art martial de Kenshiro ?
Horie. Il existe un mythe chinois selon lequel le dieu du Hokuto préside à la mort et le dieu du Nanto à la vie. Un jour, un homme vient trouver ces deux dieux avec des pêches pour leur demander de sauver la vie de son fils. Le dieu du Hokuto consulte son registre et dit que le fils doit mourir à dix ans. Mais il ajoute que, puisque l’homme a apporté des pêches, il aimerait faire quelque chose pour lui. Alors le dieu du Nanto écrit un neuf devant le dix. « Voilà, ton fils vivra jusqu’à quatre-vingt-dix ans. » C’est de ce mythe que vient le nom de Hokuto Shinken, un art martial placé sous l’étoile du dieu de la mort.
Question. Depuis que j’ai lu Hokuto no Ken, je ne regarde plus la Grande Ourse de la même façon.
Horie. La Grande Ourse tourne autour de l’étoile polaire, vous savez. L’étoile polaire, c’est l’Empereur céleste, et l’on dit que la Grande Ourse est le char qui le protège. Et autrefois, sur la route de la soie, la Grande Ourse et l’étoile polaire étaient les étoiles de l’espoir, parce que sans elles on ne savait pas s’orienter. D’ailleurs, le nom de notre société de cinéma, North Stars Pictures, a été choisi dans l’idée qu’elle soit un espoir pour le monde du cinéma.
« Le succès du deuxième chapitre m’a convaincu que la série tiendrait »
Question. J’ai entendu Hara raconter qu’à l’époque de la série, il avait eu du mal à faire valider la nēmu, le storyboard, du deuxième chapitre. Concrètement, où était la difficulté ?
Horie. C’est l’histoire du vieil homme aux semences.[2] Un manga en prépublication continue si son deuxième chapitre est populaire. Le premier compte, mais c’est le deuxième le plus important. Or, dans l’histoire prévue au départ pour le deuxième chapitre, on ne voyait pas du tout pourquoi Kenshiro voyageait. Tant qu’on ne voit pas clairement pourquoi il traverse les terres désolées du siècle finissant, on ne comprend pas sa façon de vivre. Je pensais que sans cela la série ne tiendrait pas, mais faute de trouver une bonne idée, on a quand même fait les planches. Et à la lecture, ce n’était pas intéressant. Je me suis dit, ça ne va pas, si on rate le deuxième chapitre, tout est fichu. J’ai donc dit à Hara et à Buronson qu’il fallait repenser l’épisode. Apparemment, ils pensaient la même chose tous les deux, et ils ont été d’accord.[3] Et pendant qu’on cherchait concrètement quoi faire, l’histoire du vieil homme aux semences est arrivée. Quand Kenshiro, en voyant ce vieillard, dit « Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu un être humain », je me suis dit que c’était ça.
Question. Le but du voyage de Kenshiro était trouvé.
Horie. Oui. En traversant les terres désolées du siècle finissant, où tous sont devenus comme des bêtes, Kenshiro se bat pour les êtres humains qu’il rencontre. On voyait enfin sa façon de vivre, aller vers les êtres humains et les protéger. Le deuxième chapitre a été populaire lui aussi, et je me suis dit que la série tiendrait. Voilà à quel point le deuxième chapitre compte. C’est la vie d’une série.
Question. À l’époque, les scènes cruelles ont-elles été critiquées ?
Horie. Non, il n’y a pas eu beaucoup de critiques. Ces scènes existent, mais nous montrions clairement pourquoi on en arrivait là. Nous n’avons jamais montré la violence pour la violence. Nous faisions en sorte de bien montrer qu’il y avait une raison précise d’en arriver là.
Question. Les râles d’agonie si particuliers des crapules sont-ils de Hara ?
Horie. Oui. Le type explose en disant « hidee » (« c’est atroce »), donc ça donne « hidebu ». Même les râles d’agonie ont leur raison. Cela dit, ces râles étaient drôles, et c’est vrai qu’on y allait aussi un peu sur l’élan (rires).
Question. Il y a eu « Pabbibbuppeppō »[13] aussi. Poussé à ce point, ça fait rire.
Horie. Là, c’est de la surenchère. Le monde est tellement sinistre que Hara y glisse des gags pour l’éclaircir. Et c’est aussi parce que c’est son dessin qu’on en rit. Il veillait à garder une part de comique, pour que le manga ne tourne pas à la cruauté et à la noirceur.
Question. Une scène m’a marqué. Kenshiro dit à une crapule « Il te reste cinq secondes à vivre », la crapule répond « Cinq secondes, non… », et aussitôt Rei la tue en lui lançant « Alors meurs tout de suite !! ». C’est un gag aussi.
Horie. Kenshiro fait n’importe quoi (rires). À une crapule dont il a frappé un point vital dans le dos et dont la colonne se tord, il promet de la sauver si elle dit où est Shin, puis il s’en va en lançant « Salut » (rires). Il lui a menti (rires).
Des noms de personnages sans nationalité
Question. Comment avez-vous trouvé les nombreux noms des arts martiaux ?
Horie. Là, on s’est bien sûr inspirés des arts martiaux chinois. On cherchait aussi des caractères beaux à l’œil, une bonne sonorité, en gardant une certaine logique. Et on adapte les mouvements des bras et des jambes en fonction.
Question. Des noms de techniques vous ont-ils donné du mal ?
Horie. Pas tellement. Buronson en trouvait aussi. Mais en inventer, c’est un vrai travail. Encore aujourd’hui, on me demande des noms de techniques, et il faut chaque fois imaginer le mouvement. Il faut que le mouvement puisse être reproduit tel quel, sans que les kanji soient trop compliqués.
Question. Combien y a-t-il de noms de techniques ?
Horie. Rien que les noms de techniques, il y en a plus de deux cents. Certaines ont été créées pour les jeux vidéo. On se dit qu’un livre consacré aux techniques, ce serait intéressant à faire un jour.
Question. Le présent volume recense toutes les techniques du manga.
Horie. Aujourd’hui, il y en a sans doute deux fois plus que dans le manga.
Question. Certaines techniques tiennent du gag.
Horie. Il y a même une technique appelée Hokuto Ressha Hō, le « canon ferroviaire du Hokuto » (rires). Celle-là a fait toute une histoire. Ce n’était pas un art martial, disait-on. Buronson s’était fâché, cette fois-là. Moi aussi, je l’avais laissée passer par inadvertance, et j’ai dû courir chez Toei et chez Fuji TV pour la faire réécrire sous mes yeux.[4]
Question. Il y avait aussi le Nanto Ningen Hōdan, le « boulet humain du Nanto », où un sbire se fait tirer au canon. Je me disais qu’avec cent huit écoles, le Nanto devait bien en avoir une comme ça.
Horie. C’est un numéro de foire (rires). Ce n’est pas un art martial, ça. À l’époque, on en a bien ri.
Question. Comment ont été trouvés les noms des personnages, Jagi, Amiba, Raoh ?
Horie. Pour ça, il vaut mieux demander à Buronson. C’est lui qui a baptisé Raoh. S’il y a une règle, c’est qu’on cherchait des noms qu’on ne puisse rattacher à aucun pays. Ni japonais, ni chinois. Des noms qui soient de purs signes, disons.
Question. Ils ont quelque chose d’étrange.
Horie. Écrits en kanji, ils font chinois, mais à l’oreille, pas du tout. On visait cette limite. Seul Kenshiro avait été nommé par Hara dès le départ, et on l’a gardé tel quel. Pour les autres, on est partis de sonorités qui restent en tête.
Question. C’était une façon de nommer qu’on n’avait jamais vue.
Horie. Oui. Avoir appelé Toki « Toki », je trouve ça très réussi. Kenshiro, Raoh, ça sonne comme des gens qui se battent, alors que Toki, on dirait plutôt quelqu’un qui ne se bat pas. Le nom de Toki, c’est tout le talent de Buronson. Sinon, Shin a aussi le sens de « péché », et Amiba vient de l’amibe.[5] Jagi, c’est sans doute un type bourré de jaki, de mauvais esprit.
« La naissance du Hokuto Shinken remonte à l’époque des Trois Royaumes »
Question. Comment la création du Hokuto Shinken est-elle imaginée dans la série ?
Horie. À un moment, l’art du Hokuto Sōke, la maison principale du Hokuto, a été poussé à son terme. Les parades aussi étaient au point, et c’est devenu un art peu efficace. Mais on estimait en même temps qu’il fallait absolument créer un art d’assassinat. C’est en affinant ce qui en faisait un art d’assassinat que le Hokuto Shinken est né.
Question. Il fallait introduire un autre sang pour créer un art nouveau.
Horie. D’où vient ce sang de loup, c’est justement le thème de Souten no Ken, qui paraît en ce moment. Le mystère de ce sang de loup, ajouté à l’art du Hokuto Sōke pour créer le Hokuto Shinken, s’éclaircit peu à peu à la lecture de Souten no Ken. Quand ce livre sortira, on le saura sans doute déjà (rires).
Question. Qu’est-ce que ce sang du loup ?
Horie. Les cultures d’Orient et d’Occident se mêlaient par la route de la soie, et avant notre ère, un peuple nomade, les Yuezhi, tenait cette route. Dans notre trame, c’est un art mis au point par ces Yuezhi.[6] Les Yuezhi sont un peuple errant né de la disparition du royaume d’Israël, et nous avons imaginé qu’ils avaient créé un art pour se protéger, et qu’il s’était conservé dans leur pays.
Question. L’art transmis chez les Yuezhi est donc entré en Chine ?
Horie. Vers l’an 200, l’art des Yuezhi entre en Chine en même temps que le bouddhisme. Il fusionne avec l’art du Hokuto Sōke, et le Hokuto Shinken naît. Et ce n’est pas tout, le pays au bout de la route de la soie, c’est le Japon. C’est pour ça que le vent de la route de la soie souffle en permanence sur la série Hokuto no Ken.
Question. Le Hokuto Shinken a donc de telles racines.
Horie. Pour être plus précis, il y avait en Chine le confucianisme, et le christianisme et le bouddhisme venus par la route de la soie. Mais à cette époque, le bouddhisme restait une religion minoritaire. Les bouddhistes, convaincus que le leur était la religion de la paix, voulaient à tout prix répandre leur enseignement. Or sans la protection des puissants, un enseignement ne se répand pas. Alors, dans une Chine en guerre, les bouddhistes étudiaient sans cesse qui allait prendre le pouvoir. Et à un moment donné, ils choisissent les héros de l’époque. Ce moment, c’est celui des Trois Royaumes, Wei, Wu et Shu.
Question. L’époque des Trois Royaumes se situe justement vers l’an 200. Cela coïncide avec les 1 800 ans d’histoire du Hokuto Shinken.
Horie. Oui. Les bouddhistes ramènent alors les candidats au titre de héros à trois, Cao Cao, Sun Quan et Liu Bei. Protéger ces trois-là, et tuer tous ceux qui les gênent. C’est au cours de ce processus que naît le Hokuto Shinken, comme art d’assassinat. En les protégeant, ils comptaient s’en faire des obligés. Ils réduisent les candidats à trois, mais c’est le Ciel qui décide qui prendra l’empire. Ils les laissent s’affronter et regardent. Cao Cao n’est pas devenu empereur, mais son fils Cao Pi est devenu le premier empereur des Wei. Le Hokuto Shinken est l’art qui a veillé sur cette histoire tout en protégeant les héros.
Question. Il soutenait l’histoire dans l’ombre.
Horie. Oui. À l’époque, les bouddhistes, en tant que missionnaires, n’étaient pas arrêtés aux frontières. Ils avaient donc des informations sur toute la Chine, et ils se réunissaient une fois par an pour parler des héros de l’empire. Ils jugent que n’importe lequel des trois, Cao Cao et les deux autres, ferait un empereur digne de ce nom, et s’en remettent pour le reste au Ciel. Il en résulte l’époque des Trois Royaumes. Voilà ce que nous avons imaginé en coulisses. Mais les bouddhistes vont m’en vouloir de leur prêter la création d’un art d’assassinat. J’espère qu’ils nous le pardonneront, ce n’est que la trame d’une fiction.
Question. Quand le Hokuto Shinken arrive-t-il au Japon ?
Horie. Tout ce que je peux dire, c’est que le Premier Empereur de Qin aurait eu en fait du sang occidental. On dit qu’il avait les yeux bleus. Il aurait eu, paraît-il, du sang nettement iranien, occidental. Et puis le caractère de Qin se lit aussi « hata », or il y a les Hata, une grande famille de l’époque d’Asuka, non ? Ils se disaient descendants du Premier Empereur de Qin à telle ou telle génération. Autrement dit, des gens venus du continent. En suivant ces liens, on doit pouvoir comprendre. D’ailleurs, Soga no Umako, du clan Soga, aurait eu un visage de type iranien.
Question. L’histoire du Hokuto Shinken est mondiale.
Horie. On croit souvent que le Hokuto Shinken est né en Chine, mais il ne s’arrête pas à la Chine, il est relié à d’autres pays par la route de la soie. Pour l’image du film aussi, j’ai demandé qu’on pense à la route de la soie.
Question. Peut-on considérer que le décor du manga, jusqu’au départ pour le Pays de Shura, est le Japon ?
Horie. Un endroit comme le Japon (rires).
Question. Le Pays de Shura est-il la Chine ?
Horie. Un endroit comme la Chine, mais en plus vaste. Dans Souten no Ken, on part en Chine, non ? Avec ça en tête, on doit comprendre. À mesure qu’on lit Souten no Ken, les dessous de Hokuto no Ken apparaissent peu à peu.
« Je voudrais que Reina reste gravée dans les cœurs »
Question. Qu’est-ce qui a déclenché le projet d’adapter Hokuto no Ken au cinéma ?
Horie. Au départ, le déclencheur a surtout été le lancement de Souten no Ken.
Question. Souten no Ken se situe une génération avant Hokuto no Ken.
Horie. Comme je le disais tout à l’heure, Hokuto no Ken se passe au siècle finissant, mais nous le tenions dès le départ pour un drame qui se rattache à l’époque des Trois Royaumes. Nous avons donc pris la génération d’avant Hokuto no Ken, les années 1930. Il y a aussi l’épisode de l’arrivée du Hokuto Shinken au Japon, et en remontant encore, celui de sa naissance à partir de l’art du Hokuto Sōke, à l’époque des Trois Royaumes. Nous disions donc qu’avec Hokuto no Ken, on pouvait compter jusqu’à un épisode 4.
Question. Pourquoi avoir lancé Souten no Ken ?
Horie. Quand j’ai fondé ma propre société, Coamix, et lancé le Comic Bunch, comme Hokuto no Ken était l’épisode 4, on a décidé de commencer l’épisode 3 dans le Comic Bunch. Voilà le déclencheur.
Question. Racontez-nous le chemin jusqu’à l’adaptation au cinéma.
Horie. Oh, plutôt qu’un chemin… Le nom même de Coamix veut dire Co-A-Mix, une société qui fait des comics et de l’animation. Faire de l’animation était donc décidé dès la fondation de la société.
Question. Et la première œuvre animée est Hokuto no Ken.
Horie. Il y avait aussi la vague du pachislot, mais surtout, on s’est dit que la première œuvre de notre société serait forcément Hokuto no Ken. Au début, nous prévoyions un OAV, puis la popularité de Hokuto no Ken est repartie et nous avons décidé d’en faire un film.
Question. Le film porte-t-il surtout sur l’épisode 4 ?
Horie. Au début, je pensais traiter l’épisode 4 en un seul film, mais en quatre-vingt-dix minutes environ, on ne peut pas tout montrer. On a donc conclu qu’il faudrait le diviser en cinq films environ.
Question. Tout réunir en un film serait difficile, en effet.
Horie. Et puis dans Hokuto no Ken, il n’y a pas que Kenshiro, les seconds rôles sont très populaires aussi. Raoh et les autres plaisent autant que Kenshiro, donc il faut au moins cinq films. D’abord deux Raoh Den, avec entre les deux un Yuria Den. Puis, après le Yuria Den et le deuxième Raoh Den, un Toki Den, et pour finir une légende de Kenshiro, je pense. Elle portera sans doute sur la suite, après le passage au Pays de Shura.[7]
Question. Reina, le nouveau personnage de Raoh Den Junai no Shō, va-t-elle devenir la mère de l’enfant que laisse Raoh ?[8]
Horie. Hmm (rires). Vous visez juste, mais gardons le mystère pour l’instant (rires).
Question. Depuis l’époque de la prépublication, le fait que Raoh ait eu un enfant m’intriguait.
Horie. Les lecteurs ont dû se demander de qui était cet enfant. Ce n’est pas celui de Yuria, en tout cas. Mais je voulais montrer que Raoh aussi avait eu une histoire d’amour. Comme l’indique le titre du premier film, Junai no Shō, le thème est l’amour pur entre Raoh et Reina. C’est la première fois que Raoh fait preuve de compassion envers une femme.
Question. Cette histoire se situe-t-elle avant la guerre nucléaire ?
Horie. Après. En voyant le film, on comprendra pourquoi Raoh ne s’intéressait pas vraiment à la lutte pour la succession du Hokuto Shinken. C’est qu’il avait un autre grand rêve, je pense. Et Reina y est étroitement liée. Reina n’existe pas dans le manga, mais je tiens à ce qu’elle reste gravée dans le cœur de chacun.
Question. Parmi les femmes liées à Raoh, il y a aussi Tô.
Horie. Dans son cas, c’est un amour à sens unique poussé à l’extrême. Reina est une femme liée à lui bien plus profondément. Raoh n’arrive à être lui-même que devant elle. Devant les autres femmes, il se comporte en Ken-Oh, devant Reina, il dit ce qu’il pense vraiment. C’est pour ça que Reina ne l’appelle pas Ken-Oh. En voyant le film, on devrait comprendre.
Question. On attend le film avec d’autant plus d’impatience.
Horie. On y verra ce que ressent Raoh. Beaucoup de personnages de Hokuto no Ken finissent vaincus, mais je pense que la qualité de l’œuvre tient à ce qu’elle montre la victoire de chacun d’eux. Même vaincu et tué par Kenshiro, c’était une victoire pour ce personnage, et je veux le montrer, personnage après personnage. Je m’attache donc à montrer pourquoi Raoh a pu dire, à sa dernière heure, « Je ne regrette rien de ma vie !! »
Question. Cette réplique de Raoh est restée célèbre.
Horie. Pouvoir dire ça en mourant, ce serait un bonheur. Je veux montrer pourquoi il a pu le penser.
« Pour le cri si particulier de Kenshiro, une voix plus proche du vrai »
Question. À quoi avez-vous fait attention pour l’adaptation ?
Horie. Il y a cinq films, mais chacun doit former un récit complet. Là-dessus, nous sommes très vigilants. J’aimerais vraiment qu’on aille le voir en salle. Un monde où la taille moyenne est de trois mètres, ça ne se ressent qu’en salle (rires). Autrement dit, sur un écran de cinéma, les personnages sont à leur taille réelle.
Question. Qu’est-ce qui a été difficile en animation ?
Horie. Cette fois, on fait faire à l’équipe du studio d’animation tout ce qu’elle déteste. Des armées en armure, personne n’a envie de dessiner ça. Et puis les chevaux. Les combats à cheval aussi sont difficiles, parce que les quatre jambes bougent chacune de leur côté. Même une scène où Raoh est à cheval est difficile, il faut donner aux quatre jambes un mouvement différent.
Question. C’est vrai qu’on n’a pas beaucoup vu de chevaux jusqu’ici.
Horie. Dans les adaptations animées précédentes de Hokuto no Ken, on ne voit presque aucun cheval à part Kokuō. Pourtant, à une époque sans pétrole, le cheval est le moyen le plus efficace, et il devait y en avoir beaucoup d’autres.
Question. Sur quoi d’autre avez-vous insisté ?
Horie. Ce sur quoi j’ai vraiment insisté, c’est le cri.[9] Au début, Hiroshi Abe se réjouissait que Kenshiro ait peu de répliques. Mais dès qu’il a compris que les cris comptaient comme des répliques, il s’est étonné qu’il y en ait autant. En plus, il fallait un cri différent de tout ce qu’on avait entendu, ça a dû être dur.
Question. Ce cri est quasiment la signature de Kenshiro.
Horie. Le cri idéal, nous en avons discuté à trois, Abe, Hara et moi. Quand on le pousse pour de vrai, la gorge lâche en une journée. Nous avons discuté à fond du cri que nous voulions vraiment, pas « atatatatatataataa » mais plutôt « uoatatatatataa, taa ». Le cri devrait donc être complètement différent entre le teaser, la bande-annonce et le film. Dans le teaser, ce n’est pas encore la version définitive, c’est de l’ordre du « achaa ». La bande-annonce est un peu plus travaillée, et le film donne la version achevée.
Question. Avez-vous des exigences sur les images de synthèse ?
Horie. Pour la première fois, Hara trouve que les visages dessinés sont bien ceux de Raoh et de Kenshiro. C’est grâce à Masaki Satō, le directeur de l’animation en chef.[10]
Question. Qu’est-ce qui était réussi, concrètement ?
Horie. Ils en imposent. Avec plus de temps, je suis sûr qu’on ferait quelque chose de plus fort encore. Mais le temps est limité, et nous avons fait ce que nous pouvions dans ces limites.
« J’aimerais que chacun monte à sa façon les cinq films de Hokuto no Ken »
Question. Sur la série télévisée précédente, vous ne faisiez pas partie de l’équipe ?
Horie. Tout au plus la vérification des scénarios. Pour le reste, je m’en étais remis à Toei. Mais ce film, je le conçois de bout en bout. Le scénario aussi, c’est moi qui l’ai écrit. Avec l’intention d’aller au bout de chaque idée, même venue sur le moment.
Question. Quelle partie de l’histoire traite le film ?
Horie. Le film mêle le mausolée en croix du Saint Empereur et des épisodes originaux. Mais nous coupons beaucoup. En découpant tout fidèlement en storyboard, on dépassait de quarante minutes les quatre-vingt-dix prévues. Il faut revenir à quatre-vingt-dix, donc sacrifier encore des épisodes.
Question. C’est dommage.
Horie. Pendant la prépublication du manga aussi, nous avancions en sacrifiant quantité d’épisodes. Je me les rappelle tous. J’ai donc voulu réintroduire cette fois ceux que nous avions abandonnés. Pour que même ceux qui ont lu le manga y fassent des découvertes. Nous ne faisons qu’ajouter ce qui avait été écarté à l’époque. La saveur du manga n’en est donc pas altérée.
Question. Le contenu a l’air très dense.
Horie. Quatre-vingt-dix minutes, ça passe en un éclair. Cette fois, nous avons retenu l’épisode du mausolée en croix du Saint Empereur, l’un des plus appréciés des lecteurs dans toute la série Hokuto no Ken. Et une partie du drame est partagée avec le Yuria Den. On y voit aussi comment un certain combat apparaissait aux yeux de Yuria. L’ensemble est construit pour faire apparaître toutes les relations humaines de Hokuto no Ken.
Question. Les cinq films sont donc liés entre eux.
Horie. Le Yuria Den sortira en OAV, et nous faisons se répondre les répliques de certaines scènes. En réunissant les cinq œuvres et en les montant soi-même, on doit pouvoir se faire son propre film. J’aimerais vraiment qu’on s’y essaie.
« Je compte montrer l’histoire de Raoh et des autres, laissée de côté jusqu’ici »
Question. Les liens entre les six étoiles du Nanto sont peu développés dans le manga.[11] Le film va-t-il les montrer ?
Horie. Nous comptons en montrer beaucoup. En regardant l’OAV, on comprendra par exemple la relation entre Rei et Yuria. À l’origine, les six étoiles du Nanto sont en quelque sorte les six intendants des cent huit écoles du Nanto. Il y a aussi l’épisode qui explique pourquoi Yuria, qui ne pratique pas les arts martiaux, a pu devenir le dernier général. Le Yuria Den montre quelle capacité elle avait.
Question. Les épisodes du Nanto restés mystérieux seront-ils montrés ?
Horie. Le Nanto compte cent huit écoles. D’abord Yuda en entraîne plusieurs dizaines dans sa trahison, autrement dit il passe du côté obscur. Ensuite Souther s’en va à son tour avec quelques écoles. Les forces du Nanto sont alors coupées en deux. La moitié restante, ce sont des gens qui veulent la paix, alors ils se tiennent tranquilles. Ces forces se rassemblent autour de Yuria, le dernier général du Nanto. Le peuple suit, et cela devient une grande puissance, comparable à l’armée de Raoh. Puis vient l’heure de la bataille décisive entre l’armée de Yuria et l’armée de Raoh. Voilà le déroulement.
Question. L’OAV montre-t-il ces épisodes ?
Horie. Oui. Le Yuria Den montre pourquoi les gens affluent autour de Yuria. Yuria porte sur elle un objet symbolique, et à travers ce lien, on voit aussi pourquoi Kenshiro est le sauveur. On le comprend en voyant l’OAV. Tout ce que nous avions imaginé jusqu’ici en coulisses, nous le montrons entièrement dans ces œuvres.
Question. Les autres personnages recèlent donc eux aussi de vastes récits.
Horie. Jusqu’ici, il fallait montrer le héros Kenshiro, alors nous ne pouvions pas raconter l’histoire des autres héros. À le faire, on se retrouvait avec des chapitres où Kenshiro n’apparaissait pas du tout. Une série en prépublication ne tient pas comme ça, alors nous n’avons raconté que ce qui le concernait. Tout le reste de la trame a été laissé de côté. Cette fois, nous avons montré ce qui avait été laissé de côté. Mais Kenshiro reste bien le héros.
Question. On attend le déroulement avec impatience.
Horie. Au final, c’est moi qui ai écrit le scénario, mais au début, je l’écrivais avec un scénariste, qui pensait qu’on ne pouvait pas tout montrer, qu’avec autant de matière, le film ne pouvait pas être intéressant. J’ai dit que si et je suis allé jusqu’au bout. Et à la fin, le scénariste a reconnu que comme ça, ça pouvait peut-être marcher (rires).
Question. Ça a dû être difficile à tenir ensemble.
Horie. C’est qu’il y a en quelque sorte deux héros, Raoh et Kenshiro. Et il y a aussi les autres personnages, tenir tout ça ensemble, c’est difficile. Le scénariste disait que si c’était un seul personnage à la Schwarzenegger qui se déchaîne, il comprendrait. Mais j’ai soutenu que non, que c’était justement un récit qui ne tient que parce qu’il y a deux héros.
Question. Comment la fabrication du film s’est-elle passée ?
Horie. Tout le monde était débordé, c’était une cadence infernale. Il y a cent animateurs sur le film, et nous ne leur demandions que des choses difficiles. Un dessin simple, ça se fait vite, mais avec ce graphisme, c’est pénible. Hokuto no Ken, c’est une œuvre que les gens de l’animation avaient vraiment envie de faire, mais devant laquelle ils reculaient. Des chevaux, des armées de dizaines de milliers d’hommes en armure, il y a de quoi demander grâce. Mais en réalité, nous n’en avons pas encore assez montré. Même pour le film, nous avons écarté beaucoup d’épisodes. J’aimerais, pour finir, en faire une version complète.
Question. Pour tout montrer, il n’y aurait peut-être que la novélisation.
Horie. Oui. Il y avait une scène de discours de Raoh, que nous avons écartée cette fois. Même au cinéma, on ne peut pas tout exprimer. Je me dis que je pourrais ajouter les épisodes écartés plus tard, quand sortira l’OAV. Mais à ce compte-là, les gens ne viendraient peut-être pas voir le film (rires). En attendant, j’aimerais qu’on vienne voir en salle ce monde où la taille moyenne est de trois mètres. Les deux comédiens, Abe et Takashi Ukaji, mesurent tous deux plus d’un mètre quatre-vingt-dix.
Question. Rien que la voix doit avoir de la force.
Horie. Un « wooh ! » qui sort d’un grand corps, ça n’a rien à voir. Cette fois, je voulais avant tout quelque chose de réaliste. Je voulais que les voix de Kenshiro et de Raoh sortent de gens qui mesurent près de deux mètres. Il fallait aussi que l’ossature de la mâchoire ressemble à celle des personnages. Je me disais qu’on pourrait ainsi restituer la vraie voix de Kenshiro. C’est pour ça que nous avons choisi Abe pour Kenshiro et Ukaji pour Raoh. Nous avons aussi recruté de nouveaux comédiens de doublage, et ils sont tous immenses. Alors le cri aussi, il faut l’entendre en salle. Vous en ressortirez soulagés, c’est garanti ![12]
Notes de la rédaction
- Tetsu no Donquijote : première série de Hara, parue dans le Weekly Shōnen Jump de 1982 à 1983. L’histoire d’un guerrier solitaire qui affronte l’équipe la plus puissante du motocross japonais.
- Kinnikuman : manga de catch paru dans le Weekly Shōnen Jump de 1979 à 1987, où le héros, Kinnikuman, et ses compagnons surhommes livrent des combats acharnés contre des adversaires qui se dressent les uns après les autres. Adapté en série animée et au cinéma. Sa suite, Kinnikuman II Sei, paraît aujourd’hui dans le Weekly Playboy.
- Tatakae!! Ramenman : manga d’arts martiaux publié dans le Fresh Jump de 1982 à 1989. Son héros, Ramenman, était à l’origine un personnage de Kinnikuman, mais il est devenu plus populaire que Kinnikuman lui-même, et on lui a consacré une histoire indépendante qui se déroule en Chine.
- Mad Dog : dessin de 鷹沢圭. Paru dans le Weekly Shōnen Jump en 1983.
- Nostradamus : né en 1503. Médecin et astrologue, auteur d’un recueil de prophéties mondialement célèbre. Selon ses adeptes, il aurait prédit la Révolution française ou la Seconde Guerre mondiale. Au Japon, il est devenu célèbre du jour au lendemain dans les années 1970, quand on l’a présenté comme celui qui annonçait la fin du monde « au septième mois de 1999 ».
- La route de la soie : nom donné à la route commerciale historique qui reliait la Chine au monde méditerranéen centré sur Rome, et qui fut aussi une voie importante des échanges entre l’Orient et l’Occident. Comme le Shōsō-in de Nara conserve des trésors venus de Chine et d’Iran, on qualifie parfois Heijō-kyō, l’ancienne capitale, de « terminus oriental de la route de la soie ».
- Souten no Ken : paraît dans le Weekly Comic Bunch depuis 2001. Son héros, Kenshiro Kasumi, est le successeur du Hokuto Shinken deux générations avant Kenshiro, et l’histoire se déroule dans le Shanghai des années 1930. Son récit, qui remonte aux racines du Hokuto Shinken, est à ne pas manquer pour les fans.
- Les Yuezhi : peuple nomade, et nom de son État, qui régna sur l’Asie du Nord et l’Asie centrale du Ier siècle avant notre ère au IIIe siècle. Enrichi par le commerce entre l’Orient et l’Occident, il s’enfuit vers l’ouest après sa défaite contre les Xiongnu et prit le nom de Grands Yuezhi. Ses origines, tibétaines, mongoles ou iraniennes selon les hypothèses, restent floues, d’autant qu’il n’a laissé aucun écrit.
- Les Trois Royaumes (三国志) : nom courant de l’histoire de la montée et de la chute de Wei, Wu et Shu, de la fin des Han orientaux à l’époque des Trois Royaumes. On en a deux récits, la chronique officielle, les Chroniques des Trois Royaumes (三国志), et le Roman des Trois Royaumes (三国志演義), qui rassemble notamment les récits des conteurs. On ignore quand ce roman est arrivé au Japon, mais on raconte qu’à l’époque Sengoku, Oda Nobunaga fit l’éloge des vassaux de Tokugawa Ieyasu en les comparant aux généraux des Trois Royaumes.
- Le Premier Empereur de Qin : le premier à avoir unifié la Chine et à avoir pris le titre d’empereur. Sa mère serait la concubine que son père, Zichu, avait obtenue du grand marchand Lü Buwei, mais selon une hypothèse, elle était déjà enceinte de Lü Buwei à ce moment-là.
- Les Hata : clan de l’Antiquité japonaise, dont l’ancêtre fondateur serait Yuzuki no Kimi, venu de Corée. Arrivé par Kyūshū, le clan s’est ensuite répandu dans tout le pays, et l’on dit que ses techniques de génie civil ont beaucoup compté dans les transferts de la capitale à Nagaoka puis à Heian.
- Les Soga : clan qui domina de l’époque des kofun à l’époque d’Asuka. Ses origines font débat, famille puissante de l’actuelle préfecture d’Osaka ou de celle de Nara selon une hypothèse, immigrés venus du continent et installés dans la région selon une autre. Quelles qu’aient été ses origines, ses liens avec les immigrés semblent avoir été étroits, et l’on dit que leurs techniques avancées sont à l’origine de son ascension.
- Arnold Schwarzenegger : né en 1947. Acteur, culturiste et homme politique. Devenu célèbre du jour au lendemain avec le grand succès de Terminator, il a ensuite montré un jeu qui faisait aussi place à la comédie, et s’est imposé comme star de Hollywood. Il s’abstient toutefois aujourd’hui de tourner des films d’action.
Note de lecture
Les questions ne sont pas signées. Le colophon du volume crédite les textes à 橋本学 (noNPolicy). Les huit intertitres, repris ici en titres de partie, les treize notes, le chapeau et l’encadré de profil sont de la rédaction. L’encadré rappelle que Horie est entré chez Shueisha en 1979, qu’il a suivi Hokuto no Ken parmi d’autres succès, qu’il a pris la tête du Weekly Shōnen Jump en 1993, puis qu’il a quitté Shueisha en 2000 pour fonder Coamix. Le titre de page le présente comme l’ancien éditeur responsable (担当編集者) de la série, scénariste et producteur exécutif (脚本・製作総指揮) du film. Le volume ne date pas l’entretien, son colophon porte le 30 avril 2006. Horie parle du film au futur et invite à venir le voir en salle : l’entretien a été mené avant sa sortie.
- ↑ Le naniwabushi est un genre de récit chanté populaire, dont le nom désigne par extension les histoires de loyauté et de sentiments humains.
- ↑ Le vieil homme aux semences est le vieillard qui protège un sac de riz de semence dans le deuxième chapitre.
- ↑ Buronson raconte le même épisode autrement dans son entretien du même volume : il dit s’être presque brouillé avec Horie, quand Horie dit que les deux auteurs ont été d’accord pour reprendre l’épisode.
- ↑ Le Hokuto Ressha Hō et le Nanto Ningen Hōdan sont des techniques de la série télévisée, d’où l’allusion à Toei et à Fuji TV.
- ↑ Pour Shin, Horie pense sans doute au mot anglais sin.
- ↑ Sur les origines du Hokuto Shinken, des Yuezhi au clan Soga, Horie parle de la trame de la série (設定), qu’il dit lui-même inventée, pas d’histoire établie.
- ↑ Les cinq volets de la pentalogie sont sortis sous les titres Raoh Den Junai no Shō, Yuria Den, Raoh Den Gekitō no Shō, Toki Den et ZERO Kenshiro Den.
- ↑ L’enfant de Raoh dont parle la question est Ryū.
- ↑ Le « cri » rend 怪鳥音, comme dans l’entretien de Hara.
- ↑ Hara présente Masaki Satō comme réalisateur en chef (総監督), quand Horie en fait le directeur de l’animation en chef (作画総監督).
- ↑ « Les six étoiles du Nanto » rend 南斗六星, les six combattants que le site appelle les Six Saints du Nanto.
- ↑ Pour le soulagement promis à la fin, Horie emploie スカッと, le mot que Hara répétait déjà en 1986 (スカット!スカット!) à propos de la mort des crapules (All About The Man).
- ↑ Cri d’agonie d’une crapule du manga (ぱっびっぶっぺっぽおっ), cité par l’intervieweur comme le plus extravagant de la série, dans la lignée du « hidebu » que Horie vient d’expliquer. Transcription du site : Pabbibbuppeppō.
Sources
- Hokuto no Ken Data File Ōgi Hidensho (北斗の拳 データFILE 奥義秘伝書), Shiranui Pro, Futabasha, collection Action Comics, colophon du 30 avril 2006, « SPECIAL INTERVIEW No.3 », p. 60-67 (fiche de l’ouvrage). Exemplaire de la rédaction.
Citations traduites et fiche établie par Hokuto Chronicles à partir de la publication originale. Fiche publiée le 22 octobre 2026, mise à jour le 23 octobre 2026. © 2026 Hokuto Chronicles. Toute reprise, même partielle ou reformulée, doit citer Hokuto Chronicles avec un lien vers cette page.
